• Ouverture de l'exposition 21 rue La Boétie au Musée La Boverie (Liège), le 22 septembre 2016

    Plus de 70 chefs d'oeuvre de l'art moderne avec Picasso, Braque, Matisse, Léger, Laurencin...

  • Vue de l'exposition 21 rue La Boétie

    Une exposition exceptionnelle réunissant les plus grands noms de l'art moderne

  • Mapping Knowledge. Understanding the world through data

    Une exposition high-tech sur la visualisation de données au Mundaneum dans le cadre de Mons 2015

  • Vernissage de Renaissance 2.0 en compagnie du 1er Ministre

    Vernissage de Renaissance 2.0 en compagnie du 1er Ministre au Mundaneum, Mons

  • Vernissage de Renaissance 2.0 - Voyage aux origines du web

    Vernissage de Renaissance 2.0 - Voyage aux origines du web au Mundaneum, Mons

  • Presentation à la TV Nationale Roumaine du Programme Creative Europe

    Présentation de l'opinion CCMI/CESE sur le programme Creative Europe à Bucharest

  • Transdigital cookbook #3

    Sortie du Transdigital Cookbook #3, publication consacrée aux rapports arts/sciences/technologie

  • Buffet "Nature morte" Délices d'artistes

    Somptueux buffet inspiré par les natures mortes lors du vernissage de l'exposition Délices d'artistes à l'Alimentarium de Vevey

  • Vinton Cerf au Mundaneum à Mons

    Vinton Cerf est l'inventeur d'Internet et actuel vice-président de Google.

  • 10 ans de numérique à Mons

    Sortie du livre 10 ans de numérique à Mons/10 digital years in Mons consacré au développement des industries créatives et numériques dans la région

  • Vue du lac de Genève à Vevey et la fourchette sculptée de l'Alimentarium

    L'exposition Délices d'artistes se tient en ce moment à l'Alimentarium de Vevey, sur les bords du lac de Genève.

  • L'Alimentarium de Vevey, lieu d'accueil de l'exposition Délices d'artistes

    L'Alimentarium est un musée de l'alimentation dépendant de Nestlé situé à Vevey en Suisse. S'y tient en ce moment une exposition sur l'imaginaire des artistes dépeignant la nourriture.

  • Une installation en réalité augmentée présentée au sein de l'exposition Délices d'artistes à l'Alimentarium de Vevey

    L'exposition Délices d'artistes fait la part belle aux installations multimédia. La réalité augmentée permet de voir des choses invisibles normalement à l'oeil du visiteur.

  • Livre blanc: Crossovers Culture & Technology
  • Ouverture de l'exposition 21 rue La Boétie au Musée Maillol à Paris

    Une exposition exceptionnelle autour du célèbre marchand d'art Paul Rosenberg. Du 2 mars au 23 juillet 2017.

jeudi, 08 août 2013 08:18

Emilio Isgrò, ontologie de l’effacement

Written by  Vincent
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Emilio-IsgroDans la torpeur de l’été romain, le touriste cherchant un oasis de fraicheur sera bien inspiré de gravir les imposantes marches de la Galerie Nationale d’Art Moderne, beau bâtiment hérité de l’Exposition Internationale de Rome, érigé en 1911 pour célébrer le cinquantenaire de l’Unité italienne. Dès les origines, les collections ont poursuivi un double but : faire le lien avec le passé en rassemblant de nombreuses œuvres d’artistes italiens et en les mettant en dialogue avec les grands mouvements d’avant-garde internationaux mais aussi montrer la vitalité de la scène artistique contemporaine. Dans cet esprit, le musée présente durant tout l’été (et ce jusqu’au 6 octobre), une belle exposition de l’une des figures clé de la scène artistique contemporaine italienne : Emilio Isgrò, modello Italia (2013-1964)

Invité récurrent des Biennales de Venise (1978, 1986 et 1993), Isgrò poursuit invariablement depuis des années un subtil travail de recherche sur l’effacement (la « Cancellatura »). Un travail qui l’amène à effacer tour à tour la Constitution, l’abyssale dette italienne, la géographie d’un grand nombre de pays et, avec beaucoup d’ironie, sa propre identité (« Dichiaro di non essere Emilio Isgrò » œuvre représentant l’artiste à la manière d’un prisonnier fraichement arrêté). Posant les bases d’un nouveau langage, l’effacement est un procédé créatif qu’Isgrò a commencé à explorer dès les années soixante et qui constitue aujourd’hui une poétique complète, propice à l’émergence d’un sens nouveau aux textes ainsi effacés. Poésie vivante, jeu sur le langage, réécriture du monde et de l’histoire, l’effacement est une trace en creux que l’artiste laisse sur son environnement, loin de toute velléité de provocation gratuite mais visant à innerver le monde par des sens nouveaux, jusque là invisibles. « L’effacement ne constitue pas à nier le champ de l’écriture, mais plutôt à le labourer pour en faire émerger de nouveaux rêves et de nouvelles idées. ». Une démarche radicale, ontologique.

Conceptuel mais jamais aride, l’art d’Isgrò est subtil, empreint d’humour et d’une ironie grinçante comme lorsqu’émergent, parmi les traits obfusquant le texte, ces quelques mots rescapés de la Constitution Italienne « L’arte a diritto di sciopero » (l’art a le droit de grève). Profondément amoureux de son pays, mais meurtri par la situation de délabrement actuel, la faillite économique et le déclin moral des élites au pouvoir, Isgrò nous livre une vision de l’Italie à la fois tendre, sans complaisance, toujours lucide, parfois porteuse d’espoir, tels ces pépins d’orange (Seme d’arancia, 1998), symbolisant le renouveau social du Sud méditerranéen, dont il est originaire.

De belles pièces historiques parsèment l’exposition comme l’installation Chopin (1977) avec ces pianos qui, sur une douce mélodie, se voient progressivement envahis de milliers de fourmis ou l’Ore italiana, œuvre émouvante et terrible, dont les cadrans d’horloges, dans un silence glaçant, égrènent les minutes séparant l’explosion des bombes dans l’attentat le plus sanglant qu’ait connu l’Italie, à la gare de Bologne en 1980, lors des « années de plomb ». Cette attaque imputée à un groupuscule d’extrême-droite fit 85 morts et plus de 200 blessés.

Isgrò n’est pas un inconnu en Belgique puisqu’on a pu apprécier récemment la belle série de Codes Ottomans à la Fondation Boghossian à Bruxelles et que certaines de ses œuvres sont également présentes dans les collections permanentes des Musées Royaux des Beaux-Arts de Belgique.

Avec Lucio Fontana et Piero Manzoni, Isgrò est considéré comme l’une des figures les plus innovantes dans le renouvellement du langage plastique en Italie dans la deuxième moitié du XXe siècle. Cette exposition qui lui rend hommage à travers un parcours jalonné d’œuvres importantes, depuis les années soixante jusqu’à aujourd’hui, mérite le déplacement pour tout qui est de passage à Rome.

 

Plus d'info sur : http://www.gnam.beniculturali.it/

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